MESSAGE SEMAINE SAINTE

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rencontre

Contributeur : Paroisses | Ensemble paroissial d’Alès Notre Dame

Nous entrons ce jour dans la Semaine Sainte que nous allons vivre dans des circonstances inhabituelles du fait du confinement actuel. Je vous invite à faire de ce temps de confinement un temps de rencontre personnelle avec le Christ. Profitons de cette retraite forcée pour retrouver le goût de la prière, de la lecture de la Passion et de la méditation. En temps normal nous sommes pris par de multiples activités et occupations qui ne laissent pas d’espace au silence et à la prière. Ce temps de confinement en cette semaine sainte nous amène à vivre l’expérience du désert, lieu symbolique du retour vers Dieu et de la conversion. Au désert nous apprenons à nous défaire de tout ce qui est de l’ordre de l’accessoire, du superficiel et du superflu pour nous recentrer sur l’essentiel : la rencontre personnelle avec le Christ et l’accueil de l’Amour et de la Tendresse de Dieu. L’épreuve que nous traversons nous invite à l’humilité, à la redécouverte de notre fragilité humaine et de nos limites. L’homme a cru se passer de Dieu ou prendre sa place en se pensant tout- puissant. On pensait que la technique, la science et la médecine nous protégeaient d’une manière absolue. Ce virus qui nous frappe nous ramène à faire l’expérience de nos fragilités. L’homme n’est pas tout-puissant ou invincible, il ne peut pas tout. Nous avons cru vivre sans Dieu et faire de l’homme un dieu. Le drame que nous traversons nous fait toucher du doigt que l’humanité de l’homme reste fragile et vulnérable. Comment ne pas voir dans ce drame un avertissement pour notre monde qui a pris la place de Dieu et qui vit comme si Dieu n’existait pas ? Cette crise nous invite aussi à retrouver la voie de la solidarité et de la fraternité avec les plus démunis et les plus vulnérables. Fragilisées par la précarité, par la solitude et l’exclusion ces personnes demeurent souvent invisibles à nos yeux et à ceux de notre société où priment la rentabilité et le profit. Si seulement ce que nous vivons réapprenait à chacun le goût de la solidarité et de l’attention aux petits et aux pauvres ? Comme l’écrit si justement Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique, « voilà ce que nous apprend cette épidémie : une société ne peut pas vivre durablement en excluant une partie de sa population ». Dans nos sociétés individualistes chacun cherche son propre bonheur de manière souvent égoïste. Le danger de ce coronavirus qui touche tout le monde nous rappelle l’importance de la fraternité et de la compassion. L’Eglise qui est née du cœur transpercé de Jésus sur la croix trouve sa source dans la miséricorde de Dieu. Auprès du Christ Crucifié l’Eglise puise la force et la grâce de témoigner aux hommes de la Miséricorde du Père pour ses enfants de la terre. En cette semaine sainte accueillons le regard de Jésus, un regard plein de tendresse et de compassion pour l’homme blessé et souffrant. Ce regard seul peut nous ouvrir aux souffrances et aux blessures de nos frères. Sommes-nous capables à l’image du bon samaritain de prêter attention à notre prochain en grande détresse ? Ou alors passons-nous de l’autre côté comme le prêtre et le lévite de la parabole (Luc ch.10) ? Alors que nous sommes séparés de nos proches et de ceux que nous aimons redécouvrons une autre forme de présence dans le silence de la prière. Nous faisons aussi l’expérience du jeûne eucharistique forcé. Ce manque peut nous amener à prendre conscience de la place centrale de l’eucharistie dans nos vies de baptisés et creuser en nous la faim du corps du Christ. Marchons sur les pas du Christ Serviteur qui donne sa vie pour sauver les hommes. Le chemin du don de soi et du sacrifice est un chemin pascal. La vie jaillit du sacrifice de sa vie que fait le Christ sur la croix. « Il n’est pas d’amour plus grand que de donner sa vie pour ses amis » nous redit Jésus en ce dimanche où s’ouvre la Semaine Sainte. Donner sa vie pour donner la vie voilà où nous conduit cette semaine sainte. Que la Vierge Marie nous accompagne par sa prière et par sa tendresse de Mère jusqu’au matin de Pâques où nous célébrerons la Résurrection du Christ dans la joie de Pâques !

P. Gérard Chassang