Actus & Agenda

l’évangile de la Vie !

Partager sur les réseaux sociaux
Share on Facebook
Facebook
Pin on Pinterest
Pinterest
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin

eglise

Contributeur : Paroisses | Ensemble paroissial d’Alès Notre Dame

Depuis 10 ans la situation de Vincent Lambert divise aussi bien ses proches que les Français. Les décisions de justice n’ont cessé de se contredire sur la décision à prendre ! Faut-il enclencher un processus d’arrêt de la nutrition et de l’hydratation ? Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Il est une personne qui, à la suite d’un accident, présente un handicap majeur avec une altération profonde de sa conscience et de sa motricité. Sa vie dépend d’autrui. S’il n’est pas nourri, hydraté et soigné, il meurt.

La médiatisation de cette affaire singulière n’aide pas à la réflexion. Certains se servent de Vincent Lambert pour réclamer le suicide assisté et l’euthanasie. Il y a là un manque de pudeur et de respect face à cet homme handicapé et à la souffrance de ses proches qui continuent à se déchirer. Les lois Leonetti concernent les personnes en fin de vie en donnant si besoin la possibilité d’arrêter les traitements, tout en excluant l’euthanasie et le suicide assisté.

Peut-on accepter d’arrêter les traitements qui maintiennent en vie les personnes handicapées ? Notre société n’a-t-elle pas le devoir de protéger les personnes vulnérables suite à un handicap ? Il nous faut reconnaître que la loi ne pourra jamais résoudre des situations singulières. Face à ces personnes lourdement handicapées, nous devons faire preuve d’humilité et respecter aussi bien ces personnes que les personnes qui prennent soin d’elles.

Pour aider à notre réflexion je vous propose ce qu’a dit l’Archevêque de Paris, Monseigneur Michel Aupetit. Il fustige « la bonne conscience car la vie est un combat, inévitablement, qui nous révèle à nous-mêmes avec la seule arme donnée par le Christ, l’amour qui est l’arme la plus difficile à manier car il s’agit de se donner jusqu’au bout. La bonne conscience n’est pas la paix du Christ. Si souvent on justifie ses actes mauvais par de bons sentiments : si on supprime sa vie, c’est pour qu’il ne souffre pas ; on divorce pour le bien des enfants ; on empêche les enfants trisomiques de vivre parce qu’ils seraient forcément malheureux. Non, vraiment, la bonne conscience n’est pas la paix du Christ ».

Evoquant la leçon laissée par Jean Vannier, le fondateur de l’Arche, Mgr Aupetit ajoute : « Dieu s’est fait vulnérable pour montrer que l’amour ne se révèle vraiment que face  à la vulnérabilité, à la pauvreté et à la fragilité. Il n’existe que deux manières d’envisager la dignité humaine. Soit elle tient à l’existence même de la personne qui, dans tous les cas, mérite d’être aimée, soit sa dignité tient  à sa perfection physique et psychique qui lui vaut le droit d’être acceptée dans la société et d’avoir le label si précieux qui lui donne l’autorisation de vivre ». Et l’Archevêque de Paris conclut : «le dernier mot sera toujours à l’amour, le dernier mot sera toujours à la vie ».

Dans nos sociétés où priment le profit, la rentabilité et le succès, les plus fragiles se retrouvent mis à l’écart. De même que l’avortement, le suicide assisté et l’euthanasie bafouent le droit à la vie, le droit de chacun de vivre. L’Eglise est porteuse de l’évangile de la vie dans un monde qui dénie bien souvent le droit à la vie pour les personnes les plus fragiles et les plus vulnérables. Notre Dieu, le Dieu de Jésus-Christ, est un Dieu crucifié, un Dieu qui se donne à voir sur toutes les croix des hommes. Dieu se tient toujours au côté des êtres les plus fragiles, au côté de ceux que notre société met de côté. Dans la résurrection de Jésus Dieu ouvre l’espérance de la victoire sur toutes les formes du mal et sur la mort. Cette victoire de la vie c’est la victoire de l’amour.

Que le souffle de l’Esprit de Pentecôte donne à l’Eglise l’audace de porter au monde l’évangile de la Vie ! « Je suis venu a dit Jésus pour que tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ».

P. Gérard CHASSANG