Le Carême c’est le temps de la traversée du désert à la suite de Jésus

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paroisse

Contributeur : Paroisses | Ensemble paroissial d’Alès Notre Dame

« Maintenant revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (Joël ch. 2, 12-14).

Le temps de Carême est le temps de la conversion. Se convertir c’est se re-tourner vers Dieu, revenir vers ce Dieu riche en pardon, débordant d’amour et de tendresse. La conversion à laquelle nous sommes invités prend sa source dans la miséricorde de Dieu. Il n’est de conversion possible que dans l’accueil de l’Amour de Dieu, un amour qui pardonne, qui soigne les blessures, qui remet l’homme pécheur et égaré sur le chemin du salut. Pendant ce Carême nous ferons l’expérience de partir au désert, le désert intérieur, le désert spirituel. En vivant le désert, poussé par l’Esprit Saint, nous ouvrirons tout notre être à la miséricorde de Dieu, nous accepterons de nous laisser « séduire » par le Seigneur pour reprendre l’expression si belle du prophète Osée.

Partir au désert c’est faire l’expérience de nous délester de l’accessoire et du superficiel pour retourner à l’essentiel : la vie en Dieu. Il s’agit de nous défaire de tout ce qui nous empêche de suivre le Christ et de vivre l’évangile. Nous défaire de tous ces biens qui nous rendent esclaves, nous détacher de notre « moi » pour laisser Dieu venir en nous y faire sa demeure. Le désert c’est aussi le lieu privilégié de la résistance aux tentations qui nous assaillent : l’attrait des richesses matérielles, l’orgueil et le souci de paraître, la volonté de dominer l’autre, le danger de réduire l’autre à un objet de consommation et de plaisir. Comme le Christ conduit au désert par l’Esprit Saint avant de commencer son ministère, appuyons-nous sur la Parole de Dieu pour combattre ces tentations et les vaincre. Là au cœur du désert spirituel nous renoncerons à toutes ces idoles et faux-dieux devant lesquels nous nous prosternons et nous tournerons notre cœur vers Dieu. Dans nos sociétés qui proclament « la mort de Dieu » les faux-dieux pullulent : le dieu de l’argent et du pouvoir, le dieu de la liberté sans limites, le dieu du progrès, le dieu du sexe, le dieu des écrans et des réseaux sociaux. Pour nous délivrer de toutes ces idoles le Christ nous indique un chemin : « celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’évangile la sauvera ». Ce chemin c’est le chemin du renoncement à soi, le chemin du don de soi, du don de sa vie pour le Seigneur et pour nos frères. Alors comme l’Apôtre St Paul nous pourrons dire : « je vis, mais ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates ch. 2 V. 20). Pour que le Christ vive en nous, il faut donner sa foi au Christ et vivre de la foi au Christ. Pour que le Christ vive en nous il faut aimer le Christ et aimer de l’amour du Christ. «  Au fond il n’y a pas deux amours, l’amour de Dieu et l’amour de l’homme, il n’y a qu’un amour reçu et donné, celui du Christ qui vit en nous et qui est notre vie » (1 Jean ch.4, 7-12).

Le Carême c’est le temps de la traversée du désert à la suite de Jésus. Sommes-nous prêts à accompagner le Christ dans son chemin pascal, le chemin d’une vie donnée par amour, le chemin du don de soi et du service ?

     P. Gérard CHASSANG.