L’ Evangile est une richesse et un trésor d’humanité à partager avec tous.
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Les élections présidentielles et législatives qui approchent nous offrent l’occasion de prendre notre part dans les débats de société qui engagent notre pays pour les années à venir. En tant que disciples du Christ, nous ne pouvons rester silencieux ou indifférents quant aux choix de société qui sont mis sur la table et soumis à la discussion. L’ Evangile n’est pas neutre car il porte une vision de l’homme qui respecte et privilégie la dignité de toute personne humaine, qui nous invite à mettre en œuvre la fraternité et qui porte le souci des personnes les plus vulnérables et les plus démunies. Faire entendre la voix de l’Evangile est une nécessité pour l’Eglise du Christ, tout en respectant les opinions et les choix de chacun.
Plusieurs défis sont à relever dans le débat démocratique qui va dessiner le visage de notre pays dans l’avenir.
Le premier défi touche à la conception de la dignité humaine. Une proposition de loi déposée à l’assemblée nationale le 19 janvier propose de légaliser l’euthanasie, qui consiste à donner la mort à un malade incurable et à toute personne en détresse physique ou psychologique. Comment promouvoir une médecine qui donne la mort plutôt qu’accompagner de façon humaine les personnes en fin de vie. Faut-il légaliser l’euthanasie et le suicide assisté ou bien développer les soins palliatifs qui respectent les plus faibles et les plus vulnérables ?
Une société qui nie la fragilité et la vulnérabilité s’engage sur un chemin mortifère. Dans un livre qui vient de paraître et intitulé « quand l’euthanasie sera là. » Damien le Guay écrit que le rôle de la médecine est d’apporter du soin aux malades et aux personnes qui souffrent, pas d’administrer la mort.
En même temps tout un courant de pensée fait pression pour légaliser la GPA, la gestation pour autrui qui fait du corps de la femme un objet qui se vend et s’achète pour satisfaire un droit à l’enfant. Or, pour nous chrétiens, l’enfant est un don à accueillir et non un dû.
L’autre défi à relever c’est celui de la précarité et de l’exclusion. Beaucoup de nos concitoyens vivent dans des conditions précaires à cause du chômage, de logements insalubres ou d’échecs scolaires et familiaux. La crise des gilets jaunes a révélé la précarité de toutes ces personnes que bien souvent on ne voit pas ou on n’entend pas. Comment bâtir une société qui laisse sur le bord du chemin des milliers de personnes ? Ces situations ont un impact très grave sur des familles entières et particulièrement sur les enfants. Le nombre de ceux qui frappent à la porte des associations humanitaires et caritatives ne cesse de s’accroître dans notre pays. Pour nous chrétiens le souci des plus démunis est une priorité, en fidélité au Christ lui-même qui a priorisé les plus
pauvres et les exclus.
Parmi tant d’autres défis à relever le plus urgent demeure la fraternité. Alors que la crise sanitaire fragilise les relations humaines et accentue l’individualisme, alors que la crise favorise la peur de l’autre, perçu comme un ennemi potentiel, il est vital pour une société de faire vivre la fraternité, de créer des liens et de bâtir des passerelles plutôt que d’ériger des murs qui isolent et enferment. Dans son encyclique sur la fraternité, le pape écrit : « Réapparaît la tentation de créer une culture de murs, d’élever des murs érigés sur la terre pour éviter cette rencontre avec d’autres cultures, avec d’autres personnes ». Bien sûr il faut prendre en compte le besoin des hommes et des sociétés de se protéger, de défendre leurs racines, leurs cultures, leur histoire.
Mais en même temps il est nécessaire de s’ouvrir à l’autre, de cultiver la rencontre, l’altérité. Pour nous disciples du Christ la fraternité puise sa source dans la paternité de Dieu. Dieu est le Père de tous les hommes et en Jésus-Christ son Fils tous les hommes sont frères. Dans l’ Evangile le Christ nous appelle à nous faire le prochain de tous ceux que nous rencontrons sur notre chemin et dans la rencontre avec l’autre c’est le Christ lui-même que nous accueillons et que nous rencontrons.
Dans cette période électorale n’ayons pas peur de faire entendre la voix de l’ Eglise. N’ayons pas peur de faire résonner la voix de l’ Evangile. La foi ne peut être reléguée dans le domaine privé. Elle a son mot à dire sur la conception de l’homme et l’avenir de nos sociétés humaines. L’ Evangile est une richesse et un trésor d’humanité à partager avec tous.
P. Gérard CHASSANG










