Qu’est-ce que la glossolalie : un balbutiement d’enfant devant le Père ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Puis nous nous sommes heurtées à l’existence de la glossolalie. Certaines en ont été parfois témoins sans en comprendre la nécessité. Faut-il la considérer comme un balbutiement d’enfant, des tout-petits que nous restons devant un père qui nous dépasse infiniment ? Ou faut-il croire les prophètes qui leur trouvent un sens caché comme il est dit dans les Actes des apôtres ? C’est resté pour nous un mystère…. D’ailleurs la rencontre s’intitulait « Mystères et ministères de l’église » !

La glossolalie, littéralement « parler en langues », est un phénomène mentionné dans le Nouveau Testament, surtout dans les Actes des Apôtres et les lettres de saint Paul.

Le passage le plus célèbre est celui de la Pentecôte dans Actes des Apôtres 2 : les apôtres, remplis de l’Esprit Saint, parlent et chacun les entend dans sa propre langue. Ici, il s’agit d’un signe missionnaire : Dieu veut que l’Évangile soit annoncé à tous les peuples.

Il faut distinguer ce premier phénomène d’un second, celui que saint Paul évoque dans sa Première épître aux Corinthiens (1 Co 12-14). Dans le cas présent, on est face à quelque chose de plus mystérieux, lié à la prière inspirée par l’Esprit. S. Paul la considère comme un charisme, c’est-à-dire un don spirituel accordé pour l’édification de l’Église. Mais Paul insiste fortement sur plusieurs points : ce don n’est pas le plus important, il doit rester ordonné, discerné, et il ne peut jamais créer de désordre ni de supériorité spirituelle ; et par-dessus tout, évidemment, il faut garder en mémoire que la charité est supérieure à tous les charismes. S. Paul lui-même écrit : Je préfère dire cinq paroles avec mon intelligence de manière à instruire les autres, plutôt que d’en dire dix mille en langues (1 Co 14,19).

Venons-en à ce qu’en dit l’Église… La glossolalie est reconnue comme un possible charisme authentique de l’Esprit Saint. Elle n’est donc ni rejetée ni considérée comme anormale en soi. Cependant, l’Église demande toujours – comme tout phénomène sortant de l’ordinaire – prudence, discernement, équilibre spirituel et fidélité aux vertus théologales.

Gardons donc bien à l’esprit que la glossolalie – telle que conçue par saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens – n’est en aucun cas une preuve automatique de sainteté ou d’une présence plus forte de Dieu. La grande majorité des saints n’ont jamais parlé en langues. Le signe principal de l’action de l’Esprit Saint demeure la conversion du cœur, la foi, l’humilité et la charité. Ainsi, pour l’Église catholique, le parler en langues peut être un don réel, mais il reste secondaire par rapport à l’essentiel : grandir dans l’amour du Christ et l’unité de l’Église.

Pierre G. (SEDIF)

 



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