Quelle place occupe l’Église, des commencements jusqu’à la fin des temps ?
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Le premier texte nous a laissé un peu dubitatifs. Ainsi à la question : « Quelle place occupe l’Église, des commencements jusqu’ à la fin des temps ? », peut-être quelques éclaircissements seraient appréciés. Le second texte nous a paru plus facile.
Ce que dit le premier extrait de Lumen Gentium, c’est que l’Église est préfigurée dans le Premier Testament – comme l’est le Christ. Elle n’est pas un plan B après le péché, mais elle au contraire pensée dès l’origine dans le dessein du Père : Dieu veut rassembler les hommes dans la communion avec Lui, faire d’eux un seul peuple et les rendre participants de la vie divine. C’est précisément ce que fait l’Église, lieu historique de cette communion et – pour reprendre les mots du concile Vatican II, « sacrement […] de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain ».
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Peut-être est-ce la réalité de l’Église dans le Premier Testament qui vous interroge… Je vous renvoie sur ce point à FIDEO Bible et notamment à la rencontre 2 consacrée à la Bible comme histoire et comme texte. En marge du texte du concile Vatican II, j’explique ce qu’est la « figure » ou « type ».
Pour résumer, la figure est une réalité de l’Ancien Testament – une personne, un événement, une institution ou un symbole – qui annonce et prépare une réalité plus accomplie dans le Nouveau Testament : Adam est une figure du Christ (Rm 5,14) ; l’agneau pascal annonce le sacrifice du Christ ; le passage de la mer Rouge est une préfiguration du baptême ; la manne dans le désert annonce l’Eucharistie, etc. On parle de typologie biblique. L’idée centrale est que Dieu agit dans toute l’histoire du salut avec une cohérence profonde : ce qui est commencé dans le Premier Testament trouve son accomplissement dans le Christ et dans l’Église.
Pour en venir à notre sujet : l’Église n’apparaît pas soudainement à la Pentecôte sans préparation ; elle est mystérieusement annoncée dès le Premier Testament. La figure la plus évidente est le peuple d’Israël lui-même : Dieu appelle un peuple choisi, convoqué, sanctifié, destiné à être lumière des nations… Cela annonce l’Église – littéralement, ekklesia signifie « assemblée convoquée » – comme peuple de Dieu, assemblée des croyants, corps uni par l’Alliance nouvelle. On pourrait citer d’autres figures :
- l’arche de Noé préfigure la barque de l’Église (cf. 1 P 3,21) ;
- l’alliance au Sinaï annonce la Nouvelle Alliance dans le Christ ;
- les douze tribus préfigurent les douze apôtres ;
- la sortie d’Égypte (esclavage) par la mer Rouge annonce le salut par le baptême ;
- la Loi de Moïse => la Loi de l’Esprit ;
- la terre promise est figure du Royaume de Dieu ;
- le Temple de Jérusalem avec le Saint des Saint => l’Église avec l’Esprit ;
- etc.
J’imagine que sa place est plus claire après son institution par le Christ… Elle est Peuple de Dieu, Corps du Christ, communion, instrument de salut, etc.
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Ce que montre in fine les quatre premiers chapitres de Lumen Gentium, c’est que l’Église traverse toute l’histoire du salut, depuis le dessein éternel de Dieu jusqu’à l’accomplissement final dans la gloire. Les Pères conciliaires cherchent à montrer que l’Église n’est pas seulement une institution visible, mais une réalité voulue par le Père, préparée dans l’histoire d’Israël, annoncée tout au long du Premier Testament, fondée par le Christ, animée par l’Esprit Saint, en marche vers la plénitude du Royaume où tous, nous ne ferons plus qu’un en Dieu.
Pierre G. (SEDIF)
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