Compte-rendu Récollection du Père André Chapus sur le thème « Vivre dans l’Esprit, la Quatrième Prière Eucharistique »

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rencontre

Contributeur : Mouvements | Mouvement chrétien des retraités

Compte-rendu Récollection du Père André Chapus sur le thème « Vivre dans l’Esprit, la Quatrième Prière Eucharistique » à Nîmes, le jeudi 12 décembre (de 10 heures à 16 heures)

La récollection commence par la lecture de l’Evangile du Jour (Mat 11, versets 11 à 15) et la récitation du Notre Père. Rapide tour de table pour permettre aux différents membres de se présenter, puis le Père Chapus commence son intervention :

« Vivre dans l’Esprit, la Quatrième Prière eucharistique »

Le Père Chapus commence par une remarque. Cette Quatrième Prière eucharistique est rarement lue aux célébrations dominicales, elle est donc peu connue et il le regrette.

Le premier point de son intervention concerne l’institution de l’Eucharistie

  1. L’institution de l’Eucharistie

Avec l’institution de l’Eucharistie, nous sommes au cœur de la vie de l’Eglise, selon le concile Vatican II « la source et le sommet de l’Eglise ». Participer à ce mystère, au cours de la messe, est essentiel au chrétien pour deux raisons :

  • la vie sacramentelle
  • le rassemblement eucharistique

Dès l’origine de l’Eglise, on peut lire, dans les Actes des Apôtres, à plusieurs reprises des récits de la célébration eucharistique. Vers 140, l’écrivain chrétien Justin de Rome décrit à son tour dans sa Première apologie (destinée à l’empereur Antonin) cette célébration et on s’aperçoit en le lisant que les choses ont peu changé : rassemblement des croyants, mémoriaux des apôtres et des prophètes, homélie, prières et adorations de grâce, ponctuées par des « Amen ».

Le repas eucharistique fait mémoire du repas de la Pâque, au cours duquel les Juifs pieux lisaient les dix-huit bénédictions rituelles. Jésus lui-même, lors de son dernier repas – la Cène – prononce ces bénédictions.

L’Eglise a gardé mémoire à son tour de ce repas et petit-à-petit a rédigé les quatre prières eucharistiques que nous connaissons. A part la Première qui est un peu différente, toutes ces prières répondent à un même schéma : bénédiction, invocation de l’Esprit Saint, rappel de l’institution du pain et du vin eucharistique, enfin, invocations diverses et mémoriaux.

La Première correspond au Canon romain, c’est celle qui traditionnellement se rattache à l’Eglise de Rome dont elle cite les Pontifes et les martyrs. Elle a longtemps été la seule en vigueur dans la liturgie occidentale. La Deuxième (la plus lue car sans doute la plus courte) est en fait la plus ancienne puisqu’elle s’inspire d’un livre écrit au début du 3e siècle par Hippolyte de Rome, la Tradition apostolique. La Troisième, qui lui est un peu postérieure, est une compilation de divers textes.

Et nous voici arrivés à la Quatrième Prière eucharistique. Elle est beaucoup plus tardive puisqu’elle nous amène au concile Vatican II (1961 à 65). Ce concile a amené un véritable renouveau dans la liturgie. C’est à lui que l’on doit ainsi la diversité des prières eucharistiques (jusque-là, nous n’avions en Occident que le Canon romain, ce qui tranchait avec la diversité et la variété des Epiclèses de la liturgie orthodoxe) : une volonté de plus se nourrir de la Parole de Dieu avec la diversité proposée des prières eucharistiques (en plus des quatre citées ici, il y en a six autres pour des intentions particulières, ce qui fait dix).

Le Père Chapus revient sur la genèse de la Quatrième Prière eucharistique en lisant le témoignage (daté de 1961) du Père Gelineau. A la demande du pape St Jean XXIII, c’est lui qui est à l’origine de la rédaction de ce texte. Il s’est appuyé sur l’Epiclèse antiochienne de St Jean Chrysostome qui insiste sur le Salut de l’Humanité, des origines à la Parousie.

La Quatrième Prière eucharistique développe en effet deux thèmes principaux :

  • l’Histoire du Salut
  • l’Amour de Dieu pour les Hommes

Le témoignage du Père Gelineau est intéressant. L’un des aspects essentiels de la Quatrième Prière eucharistique est la Bénédiction.

  • Une lecture commentée de la Quatrième Prière eucharistique

La Quatrième Prière eucharistique possède une préface qui lui est propre car elle est partie prenante de l’ensemble. C’est sans doute, mais pas la seule, l’une des raisons pour laquelle on la lit rarement lors des célébrations dominicales. On y retrouve déjà bien affirmé la dimension cosmique de la création : « Toi, le Dieu de bonté, la source de la vie, tu as fait le monde pour que toute créature soit comblée de tes bénédictions ». Cette préface est aussi une vraie bénédiction, un hymne d’allégresse dans lequel les anges s’unissent à la création toute entière pour acclamer l’auteur de cette création, Dieu le Père. Car, il est bon de rappeler que toutes les Prières eucharistiques s’adressent directement au Père ou à Jésus, elles sont toutes à la deuxième personne du singulier, le « Tu ».                                                Le Père Chapus fait ici une parenthèse au sujet de l’anamnèse, présente dans chacune des Prières eucharistiques : pour cette raison, elle doit toujours être à la seconde personne et non pas, comme c’est parfois le cas, à la troisième. On s’y adresse directement à Dieu.

La Préface est suivie par le chant du Sanctus. Celui-ci, comme le rappelle le texte (« Dieu, nous te chantons ») doit toujours être chanté et non pas simplement récité.

La Prière se poursuit par le rappel de l’Histoire du Salut de l’Humanité, sur fond d’espérance et d’amour. Tout est dit dès le début : « Père, très saint, tu as créé toutes choses avec sagesse et par amour : tu as fait l’Homme à ton image, et tu lui as confié l’univers, afin qu’en te servant, Toi son Créateur, il règne sur la création. » Elle nous renvoie une image positive : Dieu a tout créé et il a créé l’Homme par amour. Pourtant, celui-ci, par le péché, s’est détourné de Dieu mais jamais Dieu ne l’a abandonné. Au contraire, il a multiplié pour lui les alliances et l’a formé par les prophètes : « Comme il avait perdu ton amitié en se détournant de toi, tu ne l’as pas abandonné au pouvoir de la mort […], tu as multiplié les alliances avec eux et tu les as formés par les prophètes dans l’espérance de salut. »

La Quatrième Prière eucharistique passe ensuite de l’Ancien au Nouveau Testament : « Tu as tellement aimé le monde, Père très saint, que tu nous as envoyé ton propre Fils ». C’est la première mention de l’Esprit Saint : « Conçu de l’Esprit Saint, né de la Vierge Marie ». Le texte rappelle ici que Jésus est à la fois pleinement Dieu puisqu’il vient de l’action de l’Esprit Saint et pleinement homme puisqu’il cite aussi sa mère biologique, le Vierge Marie. L’alliance suprême et définitive de Dieu avec l’Humanité passe par la venue de son Fils.

Suit le récit de l’amour suprême, celui du sacrifice de Jésus lui-même sur la croix : « Pour accomplir le dessein de ton amour, il s’est lui-même livré à la mort et, par sa résurrection, il a détruit la mort et renouvelé la vie. ». Le rappel de cette Histoire du Salut de l’Humanité s’achève par une nouvelle invocation à l’Esprit Saint dont on rappelle qu’il poursuit l’œuvre de Dieu dans le monde et « achève toute sanctification ».

Juste avant le mémorial du récit du dernier repas de Jésus, le soir de sa Passion, la Quatrième Prière eucharistique adresse une nouvelle prière à l’Esprit Saint : « Que ce même Esprit Saint, nous t’en prions, Seigneur, sanctifie ces offrandes. »

Le récit de la consécration du pain et du vin, devenu corps et sang de Jésus, ne diffère pas des autres Prières eucharistiques. Il est même, à quelques mots près, quasiment identique. A noter cependant, une référence discrète au texte du lavement des pieds que l’on retrouve dans l’Evangile de St Jean au chapitre 13 : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (verset 2), ce que la Prière traduit ainsi : « comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout ». C’est presque du mot à mot.

Après ce double rappel de l’Histoire du Salut, des origines à la Parousie, et de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, la Quatrième Prière eucharistique poursuit par l’anamnèse. Tout a déjà été dit, rappelons simplement qu’elle doit toujours être à la deuxième personne.

Le paragraphe suivant, qui commence toujours par « Voilà pourquoi, Seigneur », est une reprise de l’anamnèse. On y retrouve les deux idées fondamentales de notre foi :

  • nous faisons mémorial de notre rédemption, par la mort et la résurrection du Christ
  • nous attendons qu’il revienne dans la gloire

Suit une prière sur l’offrande accordée à tous ceux qui font partager lors de la célébration le corps et le sang de Jésus-Christ : « Regarde, Seigneur, cette offrande, que tu as donnée toi-même à ton Eglise ». La liturgie fait ici une différence entre ceux qui vont partager et ceux qui ne vont pas partager le pain de l’Eucharistie. Il rappelle que nous sommes un seul Corps dans le Christ pour être une seule offrande.

Suivent deux mémoriaux, l’un pour les vivants, l’autre pour les morts. Le premier mémorial nous ancre au cœur même de l’Eglise. Parce que nous avons reçu du Seigneur une offrande, nous offrons maintenant un sacrifice, d’abord à ceux qui sont dans l’Eglise les signe de l’Unité (le pape, les évêques et l’ensemble des prêtres et de ceux qui les assistent) sans oublier l’ensemble du peuple assemblé. Mais la Quatrième Prière eucharistique ne se limite pas aux seuls chrétiens (« le peuple qui t’appartient »), elle s’étend à « tous les hommes qui te cherchent avec droiture ». On y sent le souffle d’ouverture au monde entier, voulu par le concile Vatican II. Le second mémorial s’adresse aux défunts, « morts dans la paix du Christ » mais aussi « tous les morts dont toi seul connait la foi ». On y retrouve la même ouverture au monde entier, même pour ceux qui ne sont plus là.

La prière finale se présente comme une nouvelle action de grâce, un « merci à Dieu » pour tout ce que nous avons reçu et rappelle notre vocation à la sainteté. Dans un monde enfin libéré du péché et de la mort, nous siègerons aux côtés de la Vierge Marie, des Apôtres et de tous les Saints et nous pourrons glorifier Dieu.

La doxologie « Par lui, avec lui et en lui » est identique à celle des autres Prières eucharistiques et parle par elle-même : toute honneur et toute gloire à Dieu pour l’éternité.

  • Quelques pistes de réflexion

Après cette lecture suivie de la Quatrième Prière eucharistique, le Père Chapus achève son entretien par quelques pistes de réflexion.

  1. Pourquoi cette réflexion en début de campagne d’année du MCR autour de cette Quatrième Prière eucharistique ?

C’est bien de se laisser interroger dans notre vie eucharistique : il faut savoir dépasser les habitudes pour approfondir notre foi et notre vie

L’importance de la bénédiction : au lieu de toujours râler, prenons le temps de louer. Comme le dit la Quatrième Prière eucharistique : « Que nous puissions te glorifier avec la création toute entière libérée du péché. » Dans le même ordre d’idée, redécouvrons l’importance d’offrir.

Favoriser l’Assemblée, le Peuple de Dieu : évitons d’être des diviseurs.

  • Cette réflexion nous appelle à l’action

La Quatrième Prière eucharistique nous rappelle que le Christ a vécu notre condition humaine, en toute chose, excepté le péché, et qu’il est venu :

  • Annoncer aux pauvres la bonne nouvelle du Salut
  • Apporter la délivrance aux captifs

A notre tour, nous avons à proclamer cette double bonne nouvelle.

  • Avec cette réflexion, nous sommes au cœur du thème de notre année « Choisis donc la vie ! »

Fin de son intervention à 12 heures.

Après le repas pris en commun, la récollection s’est poursuivie de 14 à 15 heures par une heure de questions/réponses et, à partir de 15 heures, par la célébration eucharistique. Fin à 16 heures

le Père Chapus