Ex 4,24-26 – Comment comprendre la circoncision du fils de Moïse ?

Partager sur les réseaux sociaux
Share on facebook
Facebook
Share on pinterest
Pinterest
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
Linkedin

formations

Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Le passage de la circoncision du fils de Moïse n’est pas clair. Auriez-vous des précisions ?

Gloups ! C’est un des passages les plus sibyllins de toute l’histoire de Moïse (Ex 4-24-26)… D’une part, il y a une grosse imprécision grammaticale en hébreu : on ne sait pas à qui correspond le « il », s’il s’agit de Moïse ou de son fils Guershom ; d’autre part, on peine à comprendre que Dieu veuille faire mourir celui qu’il a choisi juste avant. Les exégètes bibliques pensent donc que ce (très) court récit aurait été rajouté a posteriori.

Bibliquement, ce texte a plusieurs interprétations possibles, et toutes peuvent être justes, la Bible étant Parole de Dieu, donc n’épuisant pas toutes les logiques humaines. Quelques exemples non exhaustifs…

1/ Que Dieu veuille faire apparemment mourir ne signifie pas qu’Il le veuille véritablement : nous en avons un cas éloquent avec Isaac, que Dieu demande à Abraham d’offrir en holocauste (Genèse 22). C’est plus une manière de raconter qu’une réalité proprement dite, ce que nous confirmeront les prophètes par la suite (ex : tout le livre de Jonas !) et, surtout, le Christ Lui-même, qui donne le véritable sens à toute chose.

2/ L’intervention de Dieu manifeste toutefois qu’il se passe quelque chose de grave… L’insertion de ce court récit à cet endroit précis peut être expliquer l’affaire : les versets précédents évoquent la mort du fils premier-né de Pharaon. Or pour ne pas mourir, il faut être intégré dans l’Alliance avec Dieu, qui passe depuis Abraham par la circoncision. Guershom en était exclu puisqu’il n’était pas circoncis. La négligence de Moïse envers l’Alliance peut entraîner la mort de son fils.

3/ C’est Cippora qui coupe le prépuce de son fils, c’est-à-dire une Madianite et non une fille d’Israël. Madiân est un des fils qu’Abraham a eu avec Quetoura (Gn 25,1-2). Elle est donc descendante d’Abraham, mais pas d’Isaac et de Jacob-Israël, qui sont ceux en qui la promesse se prolonge… On pourrait dire à première vue que Madiân a été retranché de l’Alliance (les Madianites et les Israélites connaîtront de gros conflits plus tard, dans les livres des Nombres, de Josué et des Juges) ; on voit ici – et déjà précédemment avec Jethro (Ex 2,15-22), qu’on retrouvera d’ailleurs au premier plan plus tard (Ex 18) – que l’élection d’Israël n’est pas exclusive. Plus encore, si Cippora est celle qui sauve Moïse et/ou son fils, c’est elle – l’étrangère – qui devient en quelque sorte la garante de l’Alliance… que Moïse, choisi par Dieu au buisson ardent, était censé prolonger. La place de l’étranger dans l’œuvre du salut est une thématique biblique à part entière (Ruth, la veuve de Sarepta, Naaman le Syrien, la Syro-phénicienne, le centurion, Corneille…).

4/ L’expression « époux de sang » ou « protégé par le sang » connaîtra enfin une longue postérité biblique, pas que dans le récit de l’Exode, mais bien au-delà… Dans le Lévitique par exemple, le sang a valeur d’expiation et permet de renouveler la relation à Dieu (lire aussi : He 9,7-28). Évidemment, le Christ viendra donner un nouveau sens à ces réalités tout à la fois symboliques et archaïques.

On pourrait ainsi multiplier les exemples, tout en restant prudent… Je vous recommande de nouveau de parcourir les notes de votre Bible de travail.

Pierre G. (SEDIF)

 

Lire aussi : Gn 17 – La circoncision : quelle est son origine et sa signification ?

 



CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO BIBLE