Pourquoi saint Jean parle-t-il d’Apocalypse dans la joie ?
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Saint Jean parle d’Apocalypse dans la joie… qu’a-t-il voulu nous dire ?
C’est surtout le P. Nicolas Germain qui s’exprime ainsi dans son enseignement : « L’Apocalypse, c’est à dire le dévoilement final du plan de Dieu, ne doit pas être un objet de crainte mais de joie », explique-t-il (cf. p. 43 de votre polycopié). Et il ajoute : « Comme les saints, nous devons vivre avec le regard déjà fixé en Dieu, animés par une charité brûlante. Demandons à leur image un grand désir du ciel, pour poursuivre avec confiance et abandon notre route ici-bas dans l’espérance de la vie éternelle qui a déjà commencé ! »
Mais il est certain que son affirmation est en parfaite adéquation avec l’Apocalypse de Jean. S’il y est question de jugements, de catastrophes et de combats eschatologiques, cela ne doit effrayer que les impies. Car pour les justes, l’événement apocalyptique est surtout source de joie céleste, surtout du point de vue du ciel et du salut accompli. Dieu vient tout réconcilier, tout « récapituler » pour reprendre un terme de saint Irénée, en Lui !
Il suffit de lire Apocalypse 18,20. Tandis que tous les rois de la terre qui se sont prostitués (= idolâtres) déplorent la destruction de Babylone, les justes au contraire se réjouissent : Ciel, sois dans la joie à cause d’elle, ainsi que vous, les saints, les apôtres et les prophètes, car Dieu, en la jugeant, vous a rendu justice. Le rétablissement de la vraie justice divine n’effraie que celles et ceux qui la redoutent… un peu comme celles et ceux qui voient une voiture gendarmerie sur la route (allez, avouez !).
Et quelques versets plus loin, tout au long des premiers versets du chapitre 19, voilà que s’élève un chant de louange que vient rythmer les « Alléluia », un mot rarissime dans le Nouveau Testament :
Après cela, j’entendis comme la voix forte d’une foule immense dans le ciel, qui proclamait : « Alléluia ! Le salut, la gloire, la puissance à notre Dieu. Ils sont vrais, ils sont justes, ses jugements. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par sa prostitution ; il a réclamé justice du sang de ses serviteurs, qu’elle a versé de sa main. » Et la foule reprit : « Alléluia ! La fumée de l’incendie s’élève pour les siècles des siècles. » Les vingt-quatre Anciens et les quatre Vivants se prosternèrent et adorèrent Dieu qui siège sur le trône ; ils proclamaient : « Amen ! Alléluia ! » Et du Trône sortit une voix qui disait : « Louez notre Dieu, vous tous qui le servez, vous tous qui le craignez, les petits et les grands. » Alors j’entendis comme la voix d’une foule immense, comme la voix des grandes eaux, ou celle de violents coups de tonnerre. Elle proclamait : « Alléluia ! Il règne, le Seigneur notre Dieu, le Souverain de l’univers. Soyons dans la joie, exultons, et rendons gloire à Dieu ! Car elles sont venues, les Noces de l’Agneau, et pour lui son épouse a revêtu sa parure ».
La joie se fait liturgie ; la liturgie se fait joie. La Cité de Dieu est instaurée, qui rassemble la communauté des élus (S. Augustin). Nous assistons à la célébration de la victoire définitive de Dieu, avec son sommet suprême : l’union du Christ-Agneau avec son Église. L’Apocalypse est tout à la fois nuptiale et eschatologique : elle célèbre l’union, le mariage, l’amour en son centre. On retrouve là ce que dit le P. Nicolas Germain lorsqu’il cite S. Jean de la Croix : « Nous serons jugés sur l’amour. »
Au fond, l’Apocalypse n’effraye que celles et ceux qui ne mettent pas leur foi en Dieu, qui n’espèrent pas contre toute espérance, qui ne vivent pas de la charité. Car la joie de l’Apocalypse est judiciaire, liturgique, cosmique, spirituelle, nuptiale !
Pierre G. (SEDIF)
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