Notes prises par le secrétaire du MCR30 sur la Recollection du Père Ginoux autour de l’Espérance Chrétienne (12 octobre 2023)
rencontre
RECOLLECTION MGR GINOUX SUR L’ESPERANCE CHRETIENNE
(A L’OCCASION DE LA RENCONTRE DU MCR DU 12 OCTOBRE 2023)
Jeudi 12 octobre 2023 au sanctuaire Notre Dame de Grâce, à Rochefort du Gard, en amont de l’Assemblée générale du MCR30, à la demande de Françoise Salamagne, le Père Bernard Ginoux, évêque émérite de Montauban, a animé une Récollection dur le Thème de « L’Espérance chrétienne », un sujet qu’il connait particulièrement bien.
Rapide présentation du Père Bernard Ginoux
Sur le site du diocèse de Montauban, www.diocese-montauban.fr, on trouve une rapide biographie de Mgr Ginoux. Le Père Ginoux est en fait un « proche voisin » puisqu’il est né en Avignon le 14 octobre 1947. Sa famille est originaire de Château-Renard. Il fait ses études au collège Saint-Joseph d’Avignon, puis à la faculté d’Aix-en-Provence où il obtient une maîtrise de Lettres classiques en 1969, puis un CAPES de Lettres modernes en 1974. Il commence par enseigner au lycée Saint-Joseph de Carpentras (de 1970 à 1980) avant d’entrer au Séminaire interdiocésain d’Avignon en 1980, puis au Séminaire français de Rome (entre 1982 et 1986) où il obtient en 1986 une licence canonique en Théologie morale à la Grégorienne.
Mgr Ginoux est ordonné prêtre le 29 juin 1986 à Carpentras pour l’Archidiocèse d’Avignon. Depuis cette date, il a exercé de nombreux ministères, en paroisse ou dans des Aumôneries. Le site diocésain de Montauban en fournit la liste exhaustive suivante :
- Aumônier du monde scolaire et de la pastorale des jeunes
- 1990-1993 Aumônier diocésain de l’enseignement public
- 1993-2001 Aumônier diocésain des hôpitaux – Délégué diocésain à la pastorale de la Santé
- 1997-2001 Délégué diocésain à la pastorale familiale
- 2001 Curé du secteur inter paroissial d’Orange
- 2002-2006 Membre du Conseil épiscopal, doyen
- 2006 Prêtre accompagnateur de la Pastorale familiale.
Le 11 mai 2007, il est nommé évêque du diocèse de Montauban et il est ordonné en la cathédrale de Montauban le 2 septembre 2007. En octobre 2007, Mgr Ginoux prend possession canonique de son diocèse. C’est à Montauban qu’il exerce son ministère épiscopal jusqu’à sa démission le 1er octobre 2022. Depuis un an, Mgr Ginoux, devenu évêque émérite, réside au Sanctuaire ND de Grâce de Rochefort du Gard.
Intervention du Père Bernard Ginoux sur l’Espérance chrétienne
Mgr Ginoux commence par faire la distinction entre l’Espoir et l’Espérance. L’Espoir est toujours à « dimension humaine », avec lui, il y a « toujours quelque chose qui se passe » (sic) : espoir d’une guérison, espoir d’avoir une bonne note à l’école, espoir d’obtenir un travail, etc. L’Espérance n’est pas de cet ordre, ce n’est pas un optimisme béat. Il y a toujours dans les épreuves matière à rester lucide ou réaliste. L’Espérance est là pour nous rappeler qu’il faut toujours avancer dans la confiance. L’Espérance est donc une confiance réelle mais pas à n’importe quelle condition. Le Père Ginoux nous renvoie ici à la 2e Epitre de Saint Pierre : « Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice » (2 P, Ch. 3, v 13).
Cette distinction étant faite, le Père Ginoux nous renvoie ensuite à Encyclique du pape Benoit XVI, Spe salvi (Sauvés par l’espérance), adressée par le souverain pontife le 30 novembre 2007 aux évêques, aux prêtres, aux diacres et aux personnes consacrées. Elle constitue une réflexion sur le thème de l’espérance chrétienne, en prenant comme référence la Lettre de saint Paul aux Romains : « Spe salvi facti sumus » (dans l’espérance nous avons été sauvés) (chapitre VIII verset 24). Cette encyclique fait partie d’une trilogie consacrée aux trois vertus théologales, les deux autres étant Deus caritas est (la charité) et Lumen fidei (la foi). Déjà en récitant le Notre Père, nous manifestons cette Espérance : « Que ton règne vienne, que la volonté soit faite sur la terre comme au ciel, etc. ». L’Evangile tout entier n’est-il pas rempli de cette Espérance ? Dieu est toujours fidèle mais il ne se manifeste pas forcément comme nous l’attendons : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées. Et vos voies ne sont pas mes voies, dit le Seigneur » Isaïe 55,8).
Nous avançons vers la terre promise, comme le rappelle en Matthieu le chapitre 25 sur le Jugement dernier (la parabole des cinq vierges sages et des cinq vierges folles) et notre Espérance, c’est le Christ. Il convient de ne pas se désespérer à la moindre difficulté. Le Père Ginoux témoigne combien de fois dans son ministère il a été confronté à cette forme de désespoir avec des phrases du type : « Dieu nous a abandonné ». Comme, dit-il, si Dieu pouvait susciter le mal par pur plaisir !
En effet, ce que je vis parce que je suis déçu et contrarié est contraire à la parole du Christ dans la finale de l’Evangile de Matthieu : « Et moi, je suis avec vous jusqu’à la fin des temps » (Mat, 28, 20).
Alors, comment vivre l’Espérance aujourd’hui ? C’est, comme le dit si justement Saint Augustin, en étant persuadé que le Seigneur est là. Au lieu de faire la liste de tout ceux qui ne va pas (comme par exemple, « moi, mes petits-fils ne sont pas baptisés » ou « mes enfants ne pratiquent plus »), faire au contraire la liste de tout ce qui va dans le plan de Dieu. L’Evangile, bonne nouvelle, est parole d’espérance.
L’Espérance du chrétien, c’est d’aller vers Dieu. Il faut laisser le chemin de Dieu rencontrer notre chemin, essayer de vivre dans la confiance et ne pas se mettre à la place de l’autre car chacun a sa propre mission. Ne dit-on pas de Marie qu’elle est Notre Dame de l’Espérance ?
La lecture des Psaumes nous montre comment avancer. Que nos réunions de MCR ne soient pas de longues litanies de lamentations. Le Père Ginoux insiste une fois de plus : la réalisation de l’Espérance chrétienne, c’est parvenir avec Dieu. Il achève son intervention en revenant sur l’Encyclique de Benoit XVI, Spe salvi.
Dans son Encyclique, le pape Benoit XVI donne quatre lieux d’apprentissage à l’Espérance chrétienne et qui ouvre sur le chemin de cette Espérance :
- La prière
La prière est comme un cri dans lequel Dieu nous rejoint. Quand tout semble nous avoir abandonné, le Seigneur est toujours là. C’est déjà le cri du psalmiste : « Dans ma détresse, j’ai appelé le Seigneur et j’ai crié vers mon Dieu. De son temple, il a entendu ma voix ; le cri jeté vers lui est parvenu à ses oreilles » (Ps 18,7, traduction TOB). C’est l’ouverture de notre cœur à Dieu.
- L’action
Il ne faut pas opposer prière et action, prier et agir. L’Espérance n’est pas simplement une prière pour nous, c’est aussi une prière pour les autres, ce n’est pas une espérance égoïste.
Il faut faire en sorte que notre monde soit ouvert à Dieu. Agir, c’est s’occuper des autres pour leur bien, comme par exemple la visite aux malades ou aux personnes qui, en raison de l’âge, ne viennent plus à la messe ou dans nos réunions du MCR. Ce que l’on fait pour les autres, c’est totalement gratuit.
- La souffrance
La souffrance n’est pas acceptable et il faut tout faire pour en atténuer les douleurs. En même temps cependant, la souffrance acceptée nous fait grandir et nous aide à la supporter. A une époque où l’on parle beaucoup de Bioéthique, ce n’est pas à l’être humain de décider de sa fin.
- Le jugement de Dieu
Pourquoi avoir peur de ce jugement ? L’Espérance chrétienne n’est-elle pas la suivante : « Je vais vers le Dieu de Miséricorde qui m’accordera son amour » ? L’important pour moi, n’est-il pas : « Je vais ce que j’ai à faire dans la vie et je m’abandonne à Dieu ».
Fin de l’intervention de Mgr Ginoux à 11 heures. Pour permettre aux groupes du MCR 30 de poursuivre cette réflexion, il remet à chaque membre un petit questionnaire :
L’ESPERANCE CHRETIENNE
- Quelles sont mes raisons de désespérer ou, du moins, de manquer d’espérance ?
- En relisant ma vie, aujourd’hui, qu’est-ce que je peux en dire ? Echecs, peines, joies, bonheur ? Qu’est-ce je referais si j’avais à le refaire ?
- Est-ce que la foi me porte à l’espérance ou non ?
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- L’Espérance chrétienne est une ATTENTE. Est-ce que je suis « en attente » ? De quelle attente et comment je la perçois ?
- La mort est-elle pour moi une CRAINTE ? Une SOUFFRANCE INTERIEURE ? Une ESPERANCE ? Comment je m’y prépare (ou pas) ?










