La messe anticipée du samedi soir a-t-elle même signification que celle du dimanche ?
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La messe anticipée du samedi soir a-t-elle même signification que celle du dimanche ?
La messe célébrée le samedi soir, avec les textes du dimanche, a exactement la même valeur que celle du dimanche. Le Code de droit canonique précise que participer à la messe « le jour de fête lui-même ou le soir du jour précédent » satisfait au précepte dominical.
Mais si nous voulons aller plus loin, il faut reconnaître que cette possibilité de la messe anticipée est relativement récente dans sa forme actuelle. Les messes du soir ont été progressivement autorisées au XXe siècle, puis, à partir des années 1960, l’Église a permis que la messe du dimanche soit célébrée dès le samedi soir, notamment pour tenir compte des contraintes professionnelles, des voyages, etc. La pratique a ensuite été inscrite dans le droit universel de l’Église.
Il ne s’agit donc pas d’une « demi-messe » : c’est pleinement la célébration dominicale. S. Jean-Paul II le dit très clairement dans sa lettre apostolique Dies Domini : la messe du samedi soir est « pleinement festive » car, liturgiquement, le dimanche commence avec les premières vêpres du samedi soir. Je vous invite à lire tout le numéro 49 de la lettre, qui est très explicite à ce sujet.
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Alors, pourquoi certains pasteurs – y compris Jean-Paul II, dans la lettre précédemment citée – recommandent-ils, lorsque c’est possible, d’aller à la messe le dimanche ? Parce que le dimanche n’est pas simplement un créneau horaire dans la semaine : c’est le Jour du Seigneur, la Pâque hebdomadaire, le jour où l’Église se rassemble pour célébrer la Résurrection. Saint Jérôme exprime cela par une formule simple : « Le dimanche est le jour de la Résurrection, le jour des chrétiens, c’est notre jour. » Il prolonge et accomplit, dans le Christ ressuscité, la logique du shabbat juif : un temps mis à part pour Dieu, le repos, la louange et l’assemblée. Les premiers chrétiens ont progressivement distingué le dimanche du sabbat, précisément parce que leur rassemblement était centré sur le premier jour de la semaine, jour de la Résurrection.
S. Justin le Martyr, dans sa Première Apologie, opère un rapprochement qui récapitule toute la Bible et l’Histoire de l’humanité :
« Le jour qu’on appelle le jour du soleil, tous, qu’ils habitent les villes ou les campagnes, se réunissent dans un même lieu […]. Nous nous assemblons tous le jour du soleil, parce que c’est le premier jour, où Dieu, tirant la matière des ténèbres, a créé le monde, et que ce même jour, Jésus-Christ notre Sauveur ressuscita d’entre les morts. »
Le dimanche, c’est ainsi le premier jour de la création et… de la recréation ! Magnifique, non ?
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Nous pouvons résumer notre propos ainsi : le samedi soir, il y a même Eucharistie, même grâce, même précepte accompli que le dimanche. Mais le dimanche offre cette spécificité d’être un signe plus visible que toute notre vie s’ordonne au Christ ressuscité et à la communauté chrétienne.
Concluons dans la dynamique de FIDEO sacrements : qu’est-ce donc, justement, qu’un sacrement (et l’Église tout entière) sinon – pour reprendre une vieille définition – « un signe sensible institué par notre Seigneur Jésus-Christ, pour produire ou augmenter la grâce en nos âmes » ? Eh bien, en un sens, nous participons de cette vie sacramentelle de l’Église, en faisant de nos vies un signe clair de notre appartenance à l’Amour qui est chemin, vérité et vie.
Pierre G. (SEDIF)
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