Comment distinguer la déchirure dans la Tradition de la communion dans la diversité ?
formations
L’Eglise est apostolique. En cette période marqué par l’ordination d’évêque de la part de la FSSPX, d’un côté et par la mise en cause des grandes vérités dogmatiques (ordination des femmes, acceptation de mariage de personnes de mêmes sexes, etc…) d’autre part, nous voyons une déchirure dans l’enseignement traditionnel de l’Église et dans la succession apostolique. Comment distinguer la déchirure de la communion dans la diversité ? Quels sont les fruits à distinguer qui permettent de déterminer si l’arbre est bon ou mauvais ?
Ce que vous décrivez n’est pas nouveau dans l’Histoire de l’Église… Il suffit de voir les querelles terribles qui ont agité le landerneau chrétien durant les premiers siècles après Jésus-Christ pour s’en convaincre ! Mais il est certain que, après plusieurs siècles de « chrétienté » majoritaire (où les débats houleux n’ont cependant pas manqué, même s’ils nous apparaissent aujourd’hui au second plan), certaines remises en cause sont plus visibles et massives.
Alors, comment discerner entre déchirure et diversité au sein d’une même communion ? Il me semble que, la plupart du temps, nous le savons intuitivement : cela tient à notre identité profonde qui est celle d’être fils et filles de Dieu dans l’Église, non hors d’elle. C’est de l’intérieur de cette filiation que nous croyons, parlons et agissons. Le premier discernement ne consiste donc pas à se demander si « j’ai raison contre l’Église », mais comment demeurer enfant de la même Église.
Cela remet en lumière deux grandes vertus : l’humilité et l’obéissance. Non une soumission aveugle à tout, mais la reconnaissance que mon « je » n’est pas au-dessus du « nous » ecclésial et qu’il ne s’accomplit que dans une juste communion avec lui. Je me souviens d’une parole de saint François de Sales qui écrivait que « l’obéissance est le seul masque que le démon ne peut revêtir » – l’humilité, oui, il peut en prendre les traits, mais jamais l’obéissance qui est tout à la fois une attitude intérieure et un acte de vie. Il vaut la peine de relire ses pages, toujours si douces et lumineuses, sur cette vertu.
C’est là, me semble-t-il, le premier critère pour distinguer la déchirure de la communion dans la diversité : la capacité à demeurer enfant de l’Église, de l’intérieur, et non à sa marge. D’autres critères peuvent éclairer ce discernement. Selon saint Irénée, la fidélité à la succession apostolique et à la foi transmise est décisive. Pour saint Augustin, la charité est le lien de l’unité : la vérité sans amour blesse, l’amour sans vérité égare (Benoît XVI l’a souvent redit d’ailleurs !). Le concile Vatican II rappelle que l’Esprit Saint ne suscite jamais des charismes contre la communion de l’Église. Enfin, selon l’Évangile, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez : les fruits de l’Esprit — paix, joie, patience, bonté, maîtrise de soi — manifestent l’œuvre de Dieu plus sûrement que les logiques de rupture, de suffisance ou d’esprit de parti.
Ma réponse est moins théologique que spirituelle : c’est à un positionnement intérieur que j’en appelle pour répondre à votre interrogation. Et peut-être que cela vous laissera sur votre faim… je suis à votre disposition pour en discuter plus longuement si vous le souhaitez…
Pierre G. (SEDIF)
CLIQUEZ ICI POUR REVENIR À LA FAQ FIDEO CREDO










