Quelle cohérence y a-t-il entre la transcendance de Dieu et sa kénose, son inaccessibilité et sa proximité ?
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Quelle cohérence y a-t-il entre la transcendance de Dieu et sa kénose, sa relation à l’Homme ? Dieu est soit le tout-Autre trop lointain, soit un anthropocentrisme.
La question me déroute… Il n’y a pas d’opposition entre la transcendance de Dieu et sa kénose. Bien au contraire, c’est justement parce que Dieu est infiniment transcendant qu’il peut se rendre infiniment proche sans cesser d’être Dieu.
Dieu ne devient pas moins transcendant en s’incarnant ; il révèle que sa toute-puissance est puissance de don. Le Dieu biblique n’est ni le « tout-Autre » inaccessible (une fausse image souvent véhiculée), ni une projection anthropocentrique de l’homme. Il est le Créateur qui demeure au-delà de tout et qui, librement, entre en relation avec sa créature. Ainsi, comme dit un théologien important du XXe siècle, Hans Urs von Balthasar, la Croix ne contredit pas la gloire divine : elle la révèle. La transcendance de Dieu n’est pas distance, mais capacité infinie de se communiquer sans se perdre.
Si vous voulez méditer sur la grandeur de cette continuité entre transcendance et kénose, je vous invite à lire, relire et rerelire la magnifique hymne aux Philippiens :
Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, 11 et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.
La kénose n’est pas une diminution de Dieu, mais la manifestation de son être même, qui est amour. Oh, et puisqu’on en est là, je vous invite en prime la belle catéchèse qu’en a donnée Benoît XVI, en juin 2012. Il devait faire chaud, comme aujourd’hui. Mais rien de comparable au soleil de Dieu fait chair.
Pierre G. (SEDIF)
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