Notre péché porte-t-il préjudice à nos frères ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

En étudiant le texte, nous avons ressenti une certaine culpabilité en découvrant qu’il existait une responsabilité collective dans la perte de grâces. Si nous avons bien compris le texte, non seulement nos péchés nous éloignent des lumières de la grâce mais ils portent préjudice à nos frères qui en sont également privés.

La réponse la plus simple et directe à votre question, au risque de manquer de nuances, est… oui !

Dans la Bible, nous voyons une solidarité réelle entre les hommes. Les Écritures présentent l’humanité comme interconnectée, pas seulement comme une somme d’individus. Le péché n’est jamais purement « privé » : il blesse aussi le corps social. Saint Paul notamment parle de l’Église comme d’un corps où chaque membre affecte les autres ; si un membre souffre ou se détourne de la lumière, cela a des effets sur l’ensemble. Au fond, nous ressemblons à des fenêtres dans une maison commune : si certaines se couvrent de poussière, il va sans dire que toute la maison reçoit moins de lumière. À chacune et chacun de nous de nettoyer sa fenêtre (son âme) régulièrement !

Chez Louis Lallemant, comme vous avez pu le lire, la vie intérieure rayonne ou s’affaiblit en fonction de nos actes. Il insiste sur l’influence invisible des âmes : une âme fidèle à l’Esprit Saint diffuse lumière et grâce autour d’elle, tandis qu’une âme éloignée de Dieu perd cette fécondité spirituelle, et donc le monde en bénéficie moins. Ce n’est pas mécanique, mais réel dans l’ordre spirituel : la sainteté « rayonne » sur le monde, son absence assombrit ce même monde.

En ce sens, Louis Lallemant consonne avec la tradition de l’Église. Le Concile Vatican II, par exemple, affirme que l’humanité forme une communion appelée à la sainteté, où chacun influe sur les autres. Cela signifie à la foi que nos péchés nous éloignent de la grâce de Dieu et qu’ils diminuent aussi la « lumière » spirituelle qui circule dans le corps de l’Église et du monde (mais sans enlever la liberté ni la responsabilité personnelle des autres).

Je comprends qu’on puisse éprouver de la culpabilité en sachant cela… mais c’est encore trop nous regarder le nombril ! Regardons plutôt le Seigneur, et nous comprendrons que tout est inscrit dans une logique d’amour, de communion et d’espérance, jamais de fatalisme. Plutôt que de culpabiliser, rendons grâce de cette immense liberté que Dieu nous donne, qui nous rend digne de participer à son œuvre de salut : par une vie chrétienne digne de ce nom, nous pouvons apporter un surcroît de lumière dans ce monde !

Pierre G. (SEDIF)

 



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