Pourquoi S. Irénée parle-t-il du Christ « descendu sur Jésus » ?
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Il y a dans le texte de saint Irénée une phrase qui nous a laissés perplexes, nous ne la comprenons pas. Il s’agit de la 1ère phrase du 2nd paragraphe : « Le Christ est descendu sur Jésus, ou le Sauveur d’en haut sur le Jésus de l’économe, ou celui qui provient des régions invisibles sur celui qui relève du Démiurge. » Pouvez-vous nous éclairer ? Merci.
En lisant votre question, je me suis dit qu’il était impossible que saint Irénée ait écrit une pareille phrase, que c’était précisément l’opposé de tout son Traité contre les Hérésies ! Et en relisant le texte dans la foulée, j’ai compris qu’il dénonçait effectivement une hérésie. Ouf ! Mais la question que je me pose maintenant, c’est : avez-vous bien conscience qu’il s’agit là d’une dénonciation des thèses gnostiques ?
Ce qu’écrit saint Irénée, c’est que si les apôtres avaient eu connaissance d’un dualisme en Jésus, il l’aurait dit. Or ils n’en font aucunement mention : c’est que ce dualisme est par conséquent faux !
Les gnostiques font en effet une distinction que nous, disciples du Christ, récusons absolument : il n’y a pas d’une part, un Christ céleste, un « Sauveur d’en haut » pour reprendre les mots du texte, et d’autre part, un Jésus historique, un « Jésus de l’économe » (normalement, vous devez maintenant être familiers avec l’expression « économie du salut » que le P. Nicolas Germain a longuement expliquée lors de la rencontre 5 sur le Fils dans l’économie du salut) ; nulle part dans la Révélation il n’y a de séparation artificielle entre la divinité du Christ et son humanité. Sans quoi, les apôtres l’auraient dit. Ou, pour reprendre les mots de saint Irénée : « Il n’ont rien su ni rien dit de tel – car, s’ils l’avaient su, il l’auraient dit sans aucun doute. »
Nous affirmons quant à nous « l’union hypostatique », que vous avez vue en long, en large et en travers lorsque le P. Nicolas Germain a mentionné les hérésies : une seule Personne, le Christ Verbe de Dieu, unissant pleinement nature divine et nature humaine. Il est « vrai Dieu et vrai homme ».
Plus généralement, il n’y a pas non plus de Dieu suprême d’un côté, et de « démiurge » de l’autre. C’est ce que dit la fin de la citation que vous donnez dans votre question… Mais vous l’aviez probablement déjà compris.
Pierre G. (SEDIF)
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