La purification de nos âmes est-elle compatible avec notre nature humaine ?
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La purification de nos âmes est-elle incompatible avec notre statut d’être humain, pécheur du fait de notre humanité ? En effet, la rémission de nos fautes lors du sacrement de pénitence semble laisser des « séquelles des péchés » purifiées après notre mort.
Je ne suis pas sûr de comprendre votre question… J’aurais tendance à dire que la purification de nos âmes est au contraire très compatible avec notre nature humaine, du fait qu’elle est marquée par le péché qui nous a éloignés de Dieu. Peut-être que le problème vient de la formulation de votre dernière phrase : on ne peut absolument pas dire que la rémission de nos fautes, que le pardon de Dieu, laisse des séquelles !
Peut-être est-il utile ici de reprendre la théologie du péché et de la justification : c’est presque un avant-goût de FIDEO sacrements, qui abordera l’année prochaine plus amplement ces questions.
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Tout d’abord, la foi chrétienne ne dit pas que l’humanité est incompatible avec la purification. Au contraire, elle affirme que l’être humain est créé bon, mais blessé par le péché (notamment le péché originel). Cette blessure incline au péché sans détruire la liberté. La purification de l’âme n’est donc pas une négation de l’humanité, mais son accomplissement. Devenir saint ne signifie pas devenir moins humain, mais plus pleinement humain — conforme à la vocation voulue par Dieu.
Quel rôle a le sacrement de pénitence et de réconciliation dans le processus ? Car c’est peut-être là qu’il y a un élément d’incompréhension dans votre question… Dans le sacrement de réconciliation, la faute est réellement pardonnée : la culpabilité et la peine éternelle sont effacées. Cependant, la tradition enseigne qu’il peut subsister des conséquences du péché : des habitudes désordonnées, des blessures intérieures, une dette de peine temporelle. Ces « séquelles » ne signifient pas que le pardon serait incomplet. Elles relèvent plutôt d’un processus de guérison. Le péché laisse une trace dans la personne et dans ses relations, et la justice divine inclut une dimension réparatrice et éducative.
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Prenons une analogie, nécessairement imparfaite, mais qui pourrait vous permettre de visualiser cette distinction entre peine éternelle et peine temporelle. Imaginez qu’un enfant joue dehors et qu’il tombe dans la boue. Quand il rentre à la maison, ses parents le lavent. La boue disparaît : il est propre. C’est comme le pardon dans le sacrement de pénitence et de réconciliation. Mais en tombant, il s’est aussi fait une petite égratignure. Même après avoir été lavé, il faut du temps pour qu’elle guérisse complètement. On la soigne, on met un pansement et, petit à petit, la peau redevient toute neuve. La purification de l’âme, c’est un peu pareil : Dieu le lave de ses fautes tout de suite quand il demande pardon, mais il l’aide aussi à guérir à l’intérieur, pour que son cœur devienne entièrement sain et capable d’aimer parfaitement.
C’est dans ce cadre qu’intervient donc le purgatoire. L’idée n’est pas une punition arbitraire, mais une ultime purification pour ceux qui meurent en amitié avec Dieu mais ne sont pas encore pleinement transformés par l’amour. Autrement dit : le péché pardonné ne sépare plus de Dieu, mais l’âme doit encore être purifiée de tout attachement au mal. Cette purification finale manifeste que la vocation humaine est la communion parfaite avec Dieu — ce qui suppose une transformation intérieure totale.
Pierre G. (SEDIF)
Pour aller plus loin, sur le même sujet :
=> Qu’est-ce que les séquelles du péché ? Qu’en est-il de la réconciliation ?
=> Comment concilier les « conséquences irrévocables » de nos actes et la miséricorde infinie de Dieu ?
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