Pourquoi Jésus arrive-t-il auprès des hommes à ce moment-là ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Pourquoi Jésus arrive-t-il auprès des hommes à ce moment-là ?

Voilà une question bien vaste, qui nécessiterait bien des développements.

Saint Paul lui-même l’aborde dans sa Lettre aux Galates, nous offrant un début d’explication : Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils (Ga 4,4). Cette même expression est citée par le Catéchisme de l’Église catholique : « L’Annonciation à Marie inaugure la « plénitude des temps », c’est-à-dire l’accomplissement des promesses et des préparations (CEC, n. 484).

Il y a ici une indication claire : la plénitude des temps est liée à la maturité d’un peuple en attente des promesses divines. En d’autres termes, l’humanité est prête spirituellement et historiquement à cet accueil : le peuple d’Israël a reçu la Loi, les prophètes, l’espérance messianique, la sagesse, mais a fait l’expérience d’une incapacité à se sauver par elle-même. La venue du Fils de Dieu intervient dans ce prolongement : Jésus vient lorsque l’humanité est à la fois incapable de se sauver seule et capable d’accueillir le salut. C’est ce qu’écrit un grand saint et Docteur de l’Église, sur lequel le CEC s’appuie : Thomas d’Aquin. Si vous souhaitez lire ces lumineux développements, je vous renvoie à la Somme théologique (IIIa pars, q.1, a.5).

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On peut aussi penser que Dieu a choisi ce temps précis en raison d’un contexte culturel favorable. Benoît XVI, dans son magnifique discours au Bernardins à Paris, en 2008, tient un propos similaire : pour lui, il fallait les mots de la philosophie grecque pour permettre la diffusion de l’Évangile du Christ. Ce n’est pas un hasard, mais un choix de Dieu rendant possible une annonce universelle du salut.

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Vous le voyez, les interprétations sont diverses et complémentaires ; il en existe évidemment d’autres. Mais quoi qu’il en soit, mieux vaut rester humble : la sagesse de Dieu est folie pour les hommes, déjouant souvent nos raisonnements logiques.

Nous savons simplement que sa pédagogie est à l’œuvre depuis la Création du monde (= économie du salut), qu’Il n’a eu de cesse d’éduquer l’humanité au fil de l’alliance renouvelée, qu’Il s’est révélé progressivement à Abraham, à Moïse et à tout le peuple hébreu, aux prophètes, etc., jusqu’à se révéler pleinement en Jésus-Christ, ainsi que l’exprime le début de la Lettre aux Hébreux : À Bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes (He 1,1-2).

Pour conclure, Dieu aurait pu s’incarner à n’importe quel moment, mais Il choisit le moment le plus convenable. C’est que saint Thomas d’Aquin appelle l’argument de « convenance » : Dieu agit non par nécessité, mais en choisissant ce qui est le plus approprié et harmonieux à sa sagesse, même si d’autres choix auraient été possibles.

Pierre G. (SEDIF)

 



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