Le Christ peut-il être début et fin s’il est Dieu, donc infini ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Le livre de l’Apocalypse (22,13) dit : « Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » Comment comprendre qu’il soit le principe de début et de fin, alors que Dieu est infini ?

Voilà une question fort intéressante, du fait de l’apparente contradiction que vous relevez. En réalité, ce verset a toujours été compris comme une affirmation solennelle de la divinité du Christ et de sa seigneurie absolue sur l’histoire et la création. Alors, comment en effet le Christ peut-il se dire le commencement et la fin, lui qui est Dieu, donc infini ?

Il faut d’abord rappeler le contexte immédiat de ce verset : c’est le Christ ressuscité qui parle (cf. Versets 12 et 16). Que fait-il à travers ces trois diptyques ? Il s’attribue dans le premier diptyque un titre tout d’abord un titre divin, employé par le Seigneur Dieu au tout début du livre : Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers (Ap 1,8 ; cf. aussi Ap 21,6). Cela exprime donc clairement l’égalité du Fils avec le Père et la pleine divinité du Christ. C’est un témoignage biblique fort en faveur de la Trinité.

Deuxième diptyque : le premier et le dernier est une formule du prophète Isaïe, qui est réservée à YHWH seul dans le Premier Testament (Is 44,6 ; 48,12). Dans la vision du prophète, ce diptyque affirme l’existence avant toute chose, l’au-delà de la mort et du temps, ainsi que la victoire définitive sur le mal et la mort. Il faut bien vous dire que les Juifs de l’époque ont parfaitement cela en tête, eux qui connaissaient les Écritures sur le bout des doigts, habitués à les scruter depuis leur enfance.

Une fois rappelé ces éléments, venons-en au troisième et dernier diptyque qui vous interroge : le commencement et la fin. Ces deux termes sont à inscrire dans le prolongement des deux premiers diptyques. La portée de cet ultime diptyque est éminemment eschatologique : le Christ se déclare à la fois principe et fin de l’Histoire humaine ; le monde vient de Dieu, l’histoire va vers Dieu, rien n’échappe à sa providence. Peut-être certains d’entre vous se rappellent que, lors de la vigile pascale, lorsque le prêtre trace l’alpha et l’omega (tiens, tiens) sur le cierge pascal, il prononce cette parole : « Le Christ hier et aujourd’hui, commencement et fin… ». Telle est la foi de l’Église : le Christ est présent hier, aujourd’hui et demain, éclairant toute l’histoire humaine, fondant notre espérance.

 

Pierre G. (SEDIF)

 



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