Sodome et Gomorrhe : Dieu permet-il la destruction ? Est-ce cela la justice divine ?

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Contributeur : Services | Service diocésain de la Formation

Dans Sodome et Gomorrhe, Dieu détruit la ville car il n’y a pas un seul homme de bon. Est-ce que Dieu permet la destruction s’il n’apporte pas sa bénédiction ? Est-ce cela la justice divine ?

Il y a beaucoup de (passionnantes) questions ici… Tout d’abord, il ne faut pas oublier que le Christ est la clef de compréhension ultime et définitive de Dieu. Qui m’a vu a vu le Père, dit Jésus à ses disciples. Le prêtre et poète Jean Grosjean écrivait : « Jésus accepte les mythes car il en a la clé, il leur donne un sens, il fait feu de tout bois. Il n’y a pas de nuits dont il ne soit la lumière. »

On comprend bien, dès lors, que Dieu ne peut vouloir cette destruction quand le Christ affirme que Dieu ne veut en perdre aucun… ou ce serait contradictoire ! Qu’en conclure ? Que nous sommes encore au début de la Révélation divine et que l’hagiographe (= auteur biblique) prête à Dieu une attitude qui ne peut pas être la sienne fondamentalement. C’est un bel enseignement pour notre temps : quand il y a une catastrophe naturelle, combien de fois entendons-nous que Dieu est injuste, que s’il l’était, il n’aurait pas autorisé cela, etc. On continue de prêter à Dieu des attitudes (actives ou passives) qui ne lui correspondent pas. On continue de se fabriquer des images de Dieu qu’il faut combattre en soi et purifier tout au long de notre vie.

La question de la violence dans le Premier Testament fera l’objet d’une étude de texte lors de la rencontre 4 (+ malle à outils avec beaucoup d’éléments sur le sujet). Je n’y reviens donc pas…. pour le moment.

Reste la question de la signification de l’épisode concernant Sodome et Gomorrhe… en partant du principe, donc, que Dieu ne détruit pas la ville. Souvenons-nous par ailleurs, contrairement à ce que dit la question posée, qu’il y a un homme bon dans cette ville : Loth (+ sa femme et ses filles).

La raison de la présence de cet épisode dans la Bible peut être due au fait qu’une catastrophe naturelle est survenue et a effectivement détruit ces villes. C’est ce que tendent à penser certains archéologues, même s’il faut toujours prendre ces données avec des pincettes. Dès lors, les hagiographes auraient cherché à en comprendre le sens profond, mêlant Dieu à cela, pour en tirer divers enseignements.

Alors, quels sont les enseignements ? Ce qui est intéressant, dans la scène qui précède (Gn 18), c’est qu’Abraham ne marchande pas avec Dieu au-dessous de dix justes. Est-ce parce qu’il pense qu’il ne peut y avoir moins de justes que cela dans les villes ? Est-ce parce qu’il doute de la miséricorde de Dieu qui serait incapable de sauver la ville pour un seul juste ? Avec le prophète Ezéchiel, au chapitre 16, nous savons que Dieu fait miséricorde en dépit des péchés d’une ville, qu’il restaure toujours son alliance à la fin quels que soient les péché (Ez 16,60-63). Dans ce chapitre 16, Ezéchiel mentionne la ville de Sodome : les versets 53 et suivants parlent du salut de Sodome, malgré ses abominations. La Révélation de Dieu progresse, s’affine, devient de plus en plus précise… Je saute des étapes pour arriver à Jésus lui-même. Nous le savons par le Christ : le bon berger peut abandonner 99 brebis pour n’en sauver qu’une seule. Mais Abraham, lui, ne le sait pas encore et n’ose croire que Dieu peut faire miséricorde pour un seul juste.

Lorsqu’on lit l’épisode de Sodome proprement dit en Genèse 19, on voit que Dieu envoie deux anges : les péchés commis par les Sodomites sont nombreux : orgueil, inhospitalité, mépris de l’étranger, refus de Dieu, agression sexuelle… Je n’entre pas dans le détail : il y a une grande bataille entre les biblistes pour savoir ce qu’est le grand péché entre tous. Au chapitre 10 de l’évangile selon Matthieu, par exemple, c’est l’inhospitalité de Sodome et Gomorrhe qui est visée, une inhospitalité qui est liée aux messagers de Dieu (anges dans le Premier Testament, apôtres dans le Nouveau)… donc un refus de Dieu.

D’autres enseignements peuvent être tirés de la lecture… Les anges, lorsqu’ils parlent à Loth, parlent de mourir par la faute de la ville, et non du fait de l’intervention divine : se tenir au milieu du péché, le fréquenter au quotidien, c’est se mettre en situation de mort. Plus encore, il ne faut jamais se retourner sur le péché (y compris le nôtre), sous peine de ne pas sauver son âme, d’être en incapacité d’avancer vers le salut : c’est l’expérience que fait la femme de Loth.

Un texte biblique ne s’épuise jamais… Maintenant que vous savez comment le lire, à la lumière de la Révélation divine qui s’achève dans le Christ, je ne doute pas que vous en tirerez de bons enseignements pour votre salut.

Pour aller plus loin, voici deux courts textes / podcasts sur Sodome et Gomorrhe, produits par l’excellentissime PRIXM :
1/ Qu’est-ce que le « péché de Sodome » dans la Bible ?
2/ Sodome et Gomorrhe : deux villes bibliques réduites en cendre

Pierre G. (SEDIF)

 



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