Préparer le dimanche de la santé, 9 Février 2020

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Contributeur : Services | Articles newsletter

Cette année, le dimanche de la santé est célébré le 9 février. Deux jours plus tard, comme chaque 11 février, l’Eglise universelle fêtera Notre-Dame de Lourdes. D’abord consacrées aux personnes malades, dont certaines souffrent également d’un handicap et d’autres encore de l’isolement de la vieillesse, ces journées sont également l’occasion d’écouter et de prier pour les acteurs de soin : professionnels, bénévoles, familles. Pour préparer et vivre ce moment, on pourra se reporter en le commandant, le livret publié par la Pastorale de la santé à la Conférence des évêques de France. En résonnance avec la liturgie dominicale, il est intitulé cette année « Ta nuit sera lumière de midi ».

« Ta nuit sera lumière de midi »

En ces temps troublés dans le monde, dans notre pays, dans notre Eglise, il faut sans doute une sacrée dose d’optimisme… ou d’inconscience pour prononcer une phrase pareille !
Tout autour de nous entraîne notre regard, et notre cœur à certains jours, à ne percevoir que ce qui ne va pas, ce qui manque, ce qui rate, ce qui aurait dû…
Or la liturgie nous dit que nous sommes Lumière et que cette lumière est dans nos mains.
Ce n’est pas pour plus tard, pas pour la vie d’après.
C’est un appel au quotidien à être saint comme seul Dieu est Saint et pour y parvenir, à retrousser nos manches ou parfois seulement à ouvrir plus grand nos yeux et nos cœurs.
Car finalement la lumière dans nos mains est déjà là au profond de la nuit.
Dans cette vie imperceptiblement ressuscitée chez une vieille dame.
Dans la rencontre fraternelle d’un autre, croisé sur le trottoir devenu son domicile.
Dans une paternité improbable devenue possible.
Dans la parole donnée des soignants…
Dieu donne sa confiance à chacun, pour la nuit de nos chemins deviennent Lumière.

Chantal Lavoilotte
dans le liminaire du document

OLGA (Témoignage)

Elle a 97 ans. Elle est en Ehpad depuis plusieurs années. A son arrivée elle assistait chaque mois à la messe. Petit à petit sa vue et son ouïe ont diminuées, aujourd’hui elle est pratiquement aveugle et a de grandes difficultés pour nous entendre. En grande détresse physique et morale elle suppliait le Bon Dieu « de la prendre ». « Je n’ai plus rien à faire ici, tous ceux que j’aimais sont morts, je n’ai plus de maison, il ne me reste rien ».

De mois en mois je savais qu’elle allait me dire « je veux mourir, cela me fait mal chaque jour d’être encore là, pourquoi s’Il est Tout-Puissant, me laisse-til ici. Je n’ai rien fait de mal pendant ma vie, pourquoi, pourquoi ? ! » Et moi de lui dire à chaque visite « je ne sais pas, mais le temps du Seigneur n’est pas le nôtre et vous savez bien que vous êtes son enfant, qu’Il vous aime, qu’Il ne vous oublie pas, qu’Il est là présent. Nous avons besoin de Lui, mais Lui-aussi a besoin de nous, du tout petit au grand vieillard, Il compte sur nous, sur notre amour ».
Longtemps, je la vois souffrir, diminuer et gémir qu’elle veut partir. Le seul moment où elle semble s’apaiser c’est à la récitation du « Je vous salue Marie » car elle porte une grande dévotion à la Vierge. Alors nous prions Marie et elle est mieux. C’est avec elle que je découvre la grâce et la force de la prière.
Il y a quelques temps, je lui dis qu’elle ne me verra pas la semaine suivante car je vais pour plusieurs jours à Lourdes, mais que par le cœur elle sera avec moi et que je prierai pour elle. « à la grotte ? » « Oui, à la grotte au pieds de la Vierge ». « Pourriez-vous me rapporter de l’eau ? ».
Et à Lourdes, au pied de la grotte, j’ai confié, parmi bien d’autres, Olga à Marie.
A mon retour, je lui porte une petite bouteille d’eau. Elle me demande de la dévisser et en boit goulûment la moitié, puis me dit de m’asseoir. « J’ai quelque chose à vous dire. Pendant votre absence j’ai bien réfléchi et à ce que l’on s’est dit. Vous savez combien j’aime la Vierge Marie et que la prie longuement tous les jours, et bien je crois que si le Bon Dieu ne m’appelle pas c’est pour que je prie pour ceux qui ne prient pas ».
Il est de plus en plus dur de vivre pour Olga, mais elle retourne à la messe et lorsque ses forces la trahissent, elle communie dans la chambre. « J’aime Jésus, J’aime la Sainte Vierge et je sais qu’ils m’attendent ». Elle ne le sait peut-être pas, mais pour moi elle est « le sel de la terre », elle est la « lumière du monde».

Thérèse B.
Témoignage et photo extraits du livret du Dimanche de la santé 2020 (CEF)

LES ACTEURS DE SOIN
Les acteurs du soin sont des milliers à se dévouer tous les jours pour aider les personnes qui souffrent de maladies physiques ou mentales, mais aussi de difficultés sociales. Ce sont les travailleurs de la santé (aides à domicile, infirmiers, aide soignantes, kinésithérapeutes…) ; ce sont aussi les professionnels du travail social (éducateurs, assistants sociaux, conseillers en insertion …) ; ce sont encore les bénévoles engagés dans des associations et les aidants familiaux qui consacrent du temps au soin de leurs proches. Tous prennent soin de nous et de notre société mais témoignent de plus en plus de situation de souffrances, particulièrement en établissement : « Dans mon EPHAD, le temps c’est de l’argent ! Quand l’établissement était à moitié vide il y avait peu de personnel mais maintenant c’est plein et ils refusent d’embaucher. Le sous-effectif conduit a de la maltraitance ».
Beaucoup d’entre eux craquent : épuisement personnel ou professionnel, isolement, perte de sens, dépression, harcèlement et démission sont de plus en plus nombreux. Des situations qui ne peuvent laisser les chrétiens insensibles et qui invitent notre Église à écouter, comprendre et faire entendre les cris de souffrances de ceux qui consacrent leur vie à prendre soin des autres.