Le Gard, terre de sainteté

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patrimoine

VIE et MEMOIRE  de l’EGLISE de NÎMES…

Une lettre pour partager ce qu’on a trouvé au sein de la SOCIETE d’HISTOIRE du DIOCESE DE NÎMES …

 Le Gard, terre de Sainteté…

                        L’ Osservatore Romano vient de publier un article sur l’histoire et les archives de la Congrégation pour les causes des Saints. Ce peut être l’occasion pour nous de nous pencher sur les gardois qui sont en voie de canonisation ou de béatification…

Notre diocèse en effet est bien une terre de sainteté : depuis que l’évangile fleurit sur cette terre, aux grands vents de l’histoire, Dieu seul sait tous ceux qui siègent à sa droite, ceux que l’on connait et ceux, bien plus nombreux, dont la mémoire est oubliée dans le souvenir des hommes, mais pas dans son cœur de Père…

Je ne m’étendrai pas sur les saints des origines pour lesquels il n’y a jamais eu de décret de canonisation sinon la tradition et la piété populaire… Il suffit de feuilleter le propre du diocèse : St Baudile, St Gilles, St Firmin et St Ferréol, St Castor, St Léonce, St Pons, Ste Casarie, Les Saintes maries de la Mer, le Bienheureux Pierre de Castelnau, Pierre de Luxembourg, Réginald de St Gilles… sont parmi les illustrations de cette histoire de sainteté. Nous les vénérons et les prions au cœur de notre vie diocésaine…

Arrêtons-nous sur ceux et celles qui, pendant et depuis la Révolution, ont laissé un témoignage tel que leur cause a été introduite en Cour de Rome, selon l’expression consacrée…

Le 14 juin 1790, à Nîmes, lors de ce que l’on appelle « la Bagarre de Nîmes », cinq capucins du couvent de l’Esplanade, église Ste Perpétue, sont massacrés : ce sont les pères Benoit de Beaucaire, Simon de Sénilhac, Séraphin de Nîmes, Fidèle d’Annecy et Célestin de Nîmes. Leur cause, pour martyre, a été ouverte le 10 juillet 1919. L’évêque de Nîmes est responsable du procès qui semble aujourd’hui au point mort.

Charles Régis Mathieu de la Calmette, comte de Valfons, ancien officier, était retiré à Paris lors de la Révolution. Il est né à la Calmette où sa famille est établie et possède des droits seigneuriaux. Emprisonné aux Carmes, il est massacré le 2 septembre 1792. Il fait partie des cinq laïcs, parmi les 191 Martyrs de septembre, béatifiés par le pape Pie XI le 17 octobre 1926.

En juillet 1794, la sinistre Commission populaire d’Orange a envoyé à l’échafaud, après un procès sommaire, plus de 300 citoyens et citoyennes… Parmi elles, 32 religieuses béatifiées en 1925. La plupart de ces religieuses étaient dans les couvents de la région (sacramentines et ursulines de Bollène, ursulines de Pont St Esprit…) Sr Claire de Ste Rosalie était née à Laudun et Sr Ste Sophie était de St Laurent de Carnols.

Le Père Emmanuel Daudé d’Alzon, né au Vigan en1810 et mort à Nîmes en 1880, a laissé une empreinte durable dans le diocèse et l’Eglise : 45 ans vicaire général du diocèse, fondateur des Assomptionnistes, homme de foi et de vigueur, il a été déclaré vénérable par le pape Jean Paul II le 21 décembre 1991. Au Vigan et à Nîmes, son souvenir est évoqué dans l’église et la chapelle de son tombeau, rue Séguier.

Le Père Jean de Fontfroide, Louis Léonard, né à St André de Majencoules en 1815 est prêtre du diocèse de Nîmes, aumônier des Ursulines de Sommières et directeur du collège ; en 1856 il rejoint les cisterciens de Sénanque et devient abbé de Fontfroide où il meurt en 1895. Sa vie spirituelle intense, son service de ses frères, son accompagnement spirituel le font considérer comme un saint. Sa cause est introduite à Rome en 1938.

Louis Doumain a été ordonné prêtre pour le diocèse de Viviers en 1942 ; il fut requis pour le STO le 4 juillet 1943 et travaille pour une usine de produits chimiques à 30 Km de Leipzig. Engagé au service de ses frères prisonniers, il est surpris célébrant la messe et envoyé en camp d’extermination. Il y meurt quelques semaines plus tard, âgé de 24 ans. Sa famille était établie à St Quentin la Poterie où un de ses frères a été prêtre du diocèse de Nîmes, vicaire à Uzès. Le corps de l’abbé Louis Doumain a été rapatrié : il est inhumé dans le cimetière de St Quentin la Poterie. Sa cause a été introduite en cour de Rome avec un groupe de martyrs des Camps de Concentration. Les abbés étaient nés au Canada où la famille s’était établie entre les deux guerres. Ce n’est pas tout à fait un gardois, mais il est inhumé chez nous…

J’ai évoqué ici ceux et celles pour lesquels, à ma connaissance, la cause est introduite auprès cette Congrégation pour les causes des Saints, et je pense n’avoir oublié personne… Bien sûr, il y aurait sans doute beaucoup d’autres démarches à faire pour tous ceux et celles qui ont témoigné, parfois jusqu’au sang, qui ont servi sans démériter et ont laissé le souvenir de leur vertu… Je pense à Mgr de Castellane, massacré à Versailles en 1792, au P. Molimard, massacré en Corée en 1954, à tous les vaillants confesseurs de la Foi de la Révolution, Chrysostome de Barjac, Dom Victor à Beaucaire, le Chanoine Couran, l’abbé Viallet, Marie Correnson…

  1. André CHAPUS, juin 2020