En lien avec les lectures de ce Dimanche…

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Contributeur : Paroisses | Ensemble paroissial de Vers-Pont-du-Gard
  1. 12ème Dimanche du Temps Ordinaire.
  2. « Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête » (Jb 38, &).

 Le livre de Job n’est pas signé. Qui fut son auteur? Ou plutôt, qui furent ses auteurs? Car, à considérer l’étonnante variété des genres littéraires représentés dans ses quarante deux chapitres, on pencherait pour une pluralité d’auteurs. L’un  d’entre eux était poète, assurément: les chapitres 38 à 41 sont admirables. Il faut les « dire » (non pas les lire) à haute voix, prendre le temps de savourer cette contemplation quasi amoureuse de la création. Et c’est Dieu qui parle, qui détaille son œuvre avec admiration, pourrait-on dire.

Mais au risque de passer pour impertinent, on peut se demander si un tel poème qui est un véritable ode à la création en même temps qu’à la toute puissance de Dieu, a sa place dans ce livre consacré à la souffrance des hommes. Lorsqu’on a pris la peine d’écouter les cris de souffrance du malheureux, un poème peut-il suffire à le consoler, à l’apaiser, à éteindre sa douleur.

La réponse est dans la visée ultime de tous les textes bibliques sans exception: car la Bible est une littérature ciblée pour un public très précis; c’est en quelque sorte un catéchisme écrit par des croyants pour des croyants, pour fortifier et éclairer leur foi. L’Evangile de Jean le dit expressément: Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre. Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom (Jn 20, 30-31, TOB). Si donc nous relisons le fameux poème à cette lumière, nous découvrons qu’il se déploie sur deux axes: la toute-puissance de Dieu et son infinie sollicitude pour toutes ses créatures. Conclusion: nous pouvons nous remettre entre ses mains. Ce sera la grande leçon du livre tout entier: dans la souffrance, le malheur, le deuil, ne cherchons pas d’explication, mais lovons-nous dans la main de Dieu.

Marie-Noëlle Thabut

 

 

Les Chrétiens sont-ils des cannibales?

Monseigneur AUPETIT

Aux débuts du christianisme, les procureurs qui voulaient empêcher l’extension de cette religion ont cherché des prétextes pour condamner à mort les chrétiens. Il était difficile de les prendre en défaut car ils se comportaient en bons citoyens, ils avaient une morale irréprochable, ils ne faisaient de mal à personne. Il fallait bien trouver un motif de condamnation… Il s’est trouvé deux choses qui ont permis de les accuser: ils refusaient de sacrifier aux idoles et de vénérer comme dieu la statue de l’empereur. La seconde accusation  était de les considérer comme des cannibales, puisqu’eux-mêmes disaient qu’ils mangeaient la chair du Christ. Cette ultime charge reposait sur les paroles mêmes de Jésus que les procureurs avaient beau jeu de citer: « Moi je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. » Et aussi: « Ma chair est la vraie nourriture » (Jn 6, 51-52).

Evidemment, c’était facile, les chrétiens disent eux-mêmes qu’ils mangent la chair du Christ. Un émissaire fut diligenté par l’empereur Trajan: Pline le Jeune. Après enquête, celui-ci écrivit à l’empereur que les chrétiens n’étaient pas des cannibales parce qu’ils s’exprimaient dans un langage symbolique. Cette accusation est donc tombé d’elle-même.

Mais regardons de plus près. Ce n’est pas du tout symbolique. Le pain consacré par les paroles du Christ n’est pas « symboliquement » le corps du Christ, ne « représente » pas son corps. Il est sa chair.

Pour les hébreux, la chair n’est pas « la viande », c’est la personne tout entière. Le mystère que nous célébrons dans le Saint-Sacrement, nous le définissons par le terme de « transsubstantiation ».

Le pain reste chimiquement composé de la même matière mais substantiellement, dans « son être », il devient le corps du Christ. Ceci est réalisé par la parole de Jésus qu’il prononce lui-même dans la bouche du prêtre et qui accomplit ce qu’elle exprime.

Le cannibale mange de la chair humaine. Le chrétien mange le corps du Christ, Fils de Dieu. Le cannibale va transformer la chair qu’il mange en sa propre chair. Le chrétien va se laisser transformer par le corps du Seigneur. Comme le disait saint Paul: « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Si le Christ vit en moi, alors je reçois sa vie éternelle: « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. Et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 54).